La Princesse de LAMBALLE est née à TURIN le 08 séptembre 1749 (soit le même jour et la même année que la Duchesse de POLIGNAC) née Marie Thérése Louise de SAVOIE-CARIGNAN. Issue d'une branche cadette de la famille de PIEMONT. Elle épouse en 1767 le Prince de LAMBALLE, fils du Duc de PONTHIEVRE, petit fils du Comte de TOULOUSE "Louis Alexandre de BOURBON" (fils de LOUIS XIV et de Madame de MONTESPAN). La Princesse de LAMBALLE recevra une éducation strict et pieuse. C'est cette nature de femme pure qui séduira le père du Prince et c'est pour cette même raison qu'il lui confira la main de son fils. Malheureusement pour elle bien que étend l'épouse d'un des Princes les plus riches d'Europe, elle ne sera pas très heureuse dans son couple. Le Prince reprendra très vite ses habitudes de dévergondé et décédera en 1768 d'une maladie vénérienne laissant sa jeune épouse, âgée de seulement 19 ans veuve et sans enfants. Elle se rapprochera de son beau père et avec lui se consacrera à certaines oeuvres charitables. En 1770, le dauphin Louis-Auguste, futur Louis XVI, épouse l'archiduchesse d'Autriche Marie-Antoinette. C'est la première rencontre entre les deux femmes. Marie-Thérèse a 21 ans, Marie-Antoinette bientôt quinze. Suivi ensuite une vrai amitié entre la Princesse et la future Reine de France. Très vite elle deviendra la favorite et l'amie la plus fidèle de Marie Antoinette. En 1775 elle obtiendra même par cette dernière le titre très lucratif de surintendante da la maison de la Reine. Mais, trop sage pour combler les attentes de la Reine, Marie Antoinette préférera confier cette prestigieuse tache à la future gouvernante de ses enfants et à sa nouvelle favorite, la tapageuse Duchesse de POLIGNAC. Pour occuper son temps, la princesse part à la campagne, reprend ses activités charitables et entre dans la franc-maçonnerie. En 1781, elle est nommée grande maîtresse de toutes les loges Écossaises régulières de France. En 1789, la Révolution gronde et la reine commence à prendre conscience de ses erreurs. Elle se fait plus sage et se rapproche à nouveau de la princesse. Rapprochement d'autant plus aisé qu'elle a demandé à Mme de Polignac de quitter Versailles et de partir pour l'étranger. En octobre 1789, la famille royale est ramenée à Paris et la princesse la suit dans sa nouvelle résidence, le palais des Tuileries. La princesse reste l'un des derniers soutiens de la reine et leur amitié s'en trouve plus forte. En 1791, la reine l'invite quitter la France et l'informe de son intention de quitter paris. La famille royale est rattrapée à Varennes mais la princesse réussit à quitter la France pour l'Angleterre. Les deux femmes échangent alors une abondante correspondance. Fin 1791, la reine supplie la princesse de ne pas revenir à Paris, mais cette dernière craignant pour la sécurité de la reine et aussi par dévouement, quitte l'Angleterre et rentre aux Tuileries.
En août 1792, la foule envahit le Louvre et la princesse suit la famille royale qui se réfugie à l'Assemblée Nationale. C'est alors qu'est prononcée la déchéance de la famille royale et décidée son incarcération au Temple. La princesse fait partie du convoi. Mais dix jours plus tard, on vient chercher tous ceux qui n'appartiennent pas à la famille royale stricto-sensu. Les deux amies doivent se dire adieu. La princesse est conduite à la prison de la Force.
Les 2 et 3 septembre 1792, la foule parisienne se précipite dans les prisons. La princesse est l'une des victimes des Massacres de septembre. D'après la reconstitution des procès-verbaux de la section des Quinze-Vingts1, elle est jugée par un tribunal populaire, improvisé en hâte et siégeant à la prison de la Force, et mise à mort de manière expéditive. Puis, tandis que la tête est promenée au bout d'une pique jusqu'à la Tour du Temple, son corps est porté, vêtu et préservé de toute atteinte, jusqu'au comité civil de la section des Quinze-Vingts. Enfin, la tête est portée à son tour au comité à sept heures du soir afin d'être « inhumée auprès du corps » dans une tombe du cimetière des Enfants-Trouvés2.