De Jean de la Rochefoucauld à Mr et Mme Barbou, une histoire d'amour sans limites.
Aujourd'hui, c'est un ensemble de bâtiments divisés qui s'offre à nous. L'histoire du couvent des Cordeliers de Verteuil a connu bien des péripéties. L'origine de ce couvent remonte à 1471. A cette date, Jean de la Rochefoucauld, baron de Verteuil, souhaite bâtir à l'emplacement de la Chapelle Saint Gilles, un couvent pouvant accueillir sa sépulture et celles de ses descendants. Les seigneurs de cette illustre famille feront en sorte de léguer aux cordeliers, une rente de façon à ce qu'ils puissent établir un service annuel au sein du couvent. Jean 1er, seigneur de la Rochefoucauld décédé le 26 mai 1583, léguera 30 livres à cet effet.
De ce fait, grâce à la volonté de cette famille, une communauté de Franciscains s'installe au couvent et anime les lieux. Cette communauté restera en ces murs jusqu'en 1793. Mais de 1471 à 1793, elle rencontrera de grandes épreuves.
Bien que le couvent ne soit géré que par 6 religieux et un gardien, la communauté Franciscaine doit subir les pressions d'une puissante dame, Charlotte de Roye, dévouée au protestantisme. Elle convertira également à cette pratique religieuse, son époux François III, fils d'Anne de Polignac. Dès lors, la volonté de Charlotte de Roye d'imposer sa religion est telle qu'elle chasse les cordeliers du couvent, et les oblige à fuir. Ils s'installeront dans une vieille ferme, « la Vaugaie ». Charlotte de Roye mourut quelques temps plus tard. Aux dires de certains, le doigt de Dieu n'est pas neutre dans cette mort tragique. En effet, le 8 avril 1571, elle mourut d'une maladie qui l'empêchait de prendre la moindre nourriture. Sur son lit de mort, on lui prête cette phrase : « que c'était grande pitié que d'avoir 60 000 livres de rente et de mourir de faim » !
Cependant, en 1576, le traité de Beaulieu est signé, accordant ainsi aux protestants la liberté de culte en France (sauf à Paris). De ce fait, en 1590, Verteuil assistera à la construction d'un temple protestant situé en face du couvent des cordeliers. Dès ce jour, une certaine concurrence voit le jour entre catholiques et protestants et les blâmes fusent entre les deux communautés. Mais c'est en 1616 seulement, suite à la signature de la paix de Loudun par Louis XIII, redonnant au clergé ses anciennes possessions, que les cordeliers pourront réinvestir leur couvent.
Après ce passage délicat, les Cordeliers n'auront qu'une courte période de repos. 1789 approche, et avec elle la révolution, qui comme chacun le sait, n'a pas fait de cadeaux à nos pauvres hommes d'église. A Verteuil, c'est un vrai carnage, qui s'abat sur la ville. Bien entendu la fronde s'en prend aux seigneurs, et aux religieux, mais elle s'en prend également aux morts, et c'est sous l'ordre du directoire du département, qui se réunit au cordeliers, qu'il fut décidé de récupérer tous les métaux dont on avait besoin pour la défense nationale, s'attaquant ainsi aux sépultures dans la crypte de l'église du couvent (soit environ une quarantaine).
Dès cette date, le couvent est abandonné par les moines, laissant ainsi place à une prison, à un hospital, à une école etc. L'ensemble du couvent est ensuite acheté par Jean Deux pour la somme de 14 320 livres, et divisé en trois parties.
Enfin le couvent reprend espoir en 1964 grâce au Dr Lacombe qui l'achète et entreprend des fouilles avec le marquis de Amodio. Ainsi un certain nombre d'objets ont été retrouvés. Le couvent est ensuite mis en vente, et acheté par Mr et Mme Barbou en 1998, qui depuis cette date, mettent toute leur énergie pour faire revivre ce lieu. Grâce à l'association « les amis du couvent des cordeliers » (8, rue du Dr Deux Després; 16510 Verteuil sur Chaente) qu'ils ont créée, ils récoltent des fonds et peuvent ainsi entreprendre des restaurations. Mais surtout ils sont heureux de pouvoir vous accueillir dans le gîte qu'ils ont aménagé.
Jérémie CULTIEN
Aujourd'hui, c'est un ensemble de bâtiments divisés qui s'offre à nous. L'histoire du couvent des Cordeliers de Verteuil a connu bien des péripéties. L'origine de ce couvent remonte à 1471. A cette date, Jean de la Rochefoucauld, baron de Verteuil, souhaite bâtir à l'emplacement de la Chapelle Saint Gilles, un couvent pouvant accueillir sa sépulture et celles de ses descendants. Les seigneurs de cette illustre famille feront en sorte de léguer aux cordeliers, une rente de façon à ce qu'ils puissent établir un service annuel au sein du couvent. Jean 1er, seigneur de la Rochefoucauld décédé le 26 mai 1583, léguera 30 livres à cet effet.
De ce fait, grâce à la volonté de cette famille, une communauté de Franciscains s'installe au couvent et anime les lieux. Cette communauté restera en ces murs jusqu'en 1793. Mais de 1471 à 1793, elle rencontrera de grandes épreuves.
Bien que le couvent ne soit géré que par 6 religieux et un gardien, la communauté Franciscaine doit subir les pressions d'une puissante dame, Charlotte de Roye, dévouée au protestantisme. Elle convertira également à cette pratique religieuse, son époux François III, fils d'Anne de Polignac. Dès lors, la volonté de Charlotte de Roye d'imposer sa religion est telle qu'elle chasse les cordeliers du couvent, et les oblige à fuir. Ils s'installeront dans une vieille ferme, « la Vaugaie ». Charlotte de Roye mourut quelques temps plus tard. Aux dires de certains, le doigt de Dieu n'est pas neutre dans cette mort tragique. En effet, le 8 avril 1571, elle mourut d'une maladie qui l'empêchait de prendre la moindre nourriture. Sur son lit de mort, on lui prête cette phrase : « que c'était grande pitié que d'avoir 60 000 livres de rente et de mourir de faim » !
Cependant, en 1576, le traité de Beaulieu est signé, accordant ainsi aux protestants la liberté de culte en France (sauf à Paris). De ce fait, en 1590, Verteuil assistera à la construction d'un temple protestant situé en face du couvent des cordeliers. Dès ce jour, une certaine concurrence voit le jour entre catholiques et protestants et les blâmes fusent entre les deux communautés. Mais c'est en 1616 seulement, suite à la signature de la paix de Loudun par Louis XIII, redonnant au clergé ses anciennes possessions, que les cordeliers pourront réinvestir leur couvent.
Après ce passage délicat, les Cordeliers n'auront qu'une courte période de repos. 1789 approche, et avec elle la révolution, qui comme chacun le sait, n'a pas fait de cadeaux à nos pauvres hommes d'église. A Verteuil, c'est un vrai carnage, qui s'abat sur la ville. Bien entendu la fronde s'en prend aux seigneurs, et aux religieux, mais elle s'en prend également aux morts, et c'est sous l'ordre du directoire du département, qui se réunit au cordeliers, qu'il fut décidé de récupérer tous les métaux dont on avait besoin pour la défense nationale, s'attaquant ainsi aux sépultures dans la crypte de l'église du couvent (soit environ une quarantaine).
Dès cette date, le couvent est abandonné par les moines, laissant ainsi place à une prison, à un hospital, à une école etc. L'ensemble du couvent est ensuite acheté par Jean Deux pour la somme de 14 320 livres, et divisé en trois parties.
Enfin le couvent reprend espoir en 1964 grâce au Dr Lacombe qui l'achète et entreprend des fouilles avec le marquis de Amodio. Ainsi un certain nombre d'objets ont été retrouvés. Le couvent est ensuite mis en vente, et acheté par Mr et Mme Barbou en 1998, qui depuis cette date, mettent toute leur énergie pour faire revivre ce lieu. Grâce à l'association « les amis du couvent des cordeliers » (8, rue du Dr Deux Després; 16510 Verteuil sur Chaente) qu'ils ont créée, ils récoltent des fonds et peuvent ainsi entreprendre des restaurations. Mais surtout ils sont heureux de pouvoir vous accueillir dans le gîte qu'ils ont aménagé.
Jérémie CULTIEN